Greg Akcelrod ou le Footballeur en mode Cosplay

 

Greg Akcelrod, né en 1980, est de ce ceux qui ne lâche rien, de ceux qui ont toujours eu un rêve et qui ont compris que le plus important c’est d’y croire et de savoir raconter les histoires qui permettront d’atteindre son objectif en usant des outils d’aujourd’hui, j’ai nommé le web. Greg Akcelrod voulait devenir footballeur professionnel et son site mélangeant éloge à sa gloire et vidéo plus ou moins vrai, lui ont permis de décrocher un contrat de footballeur pro. Pas mal pour un joueur pas loin des 30 ans sans réferences pro majeures.

Story Teller hors pairs, il s’invente un passé footballistique glorieux, au PSG ( je sais c’est un peu contradictoire), et va frapper aux portes de différents clubs européens sans succès jusqu’à ce que le CSKA Sofia (31 fois champion de Bulgarie et 18 fois vainqueur de la coupe nationale) se laisse convaincre.

Sur son site, il y a toute la panoplie devant confirmer son status de footballeur pro, interview bidon, extrait d’émission aux cotés d’Eric Di Meco après le Moscato Show d’RMC, séance photos en maillots du CSKA Sofia et du Paris Saint Germain FC, photos en mode  » bo gosse en star co », et les détails de son implication dans the Lance Armstrong Foundation

Mais l’histoire n’aurait aucun intérêt, si elle en était restée là, car Greg devait trébucher par le web, le même qui lui avait permis d’accéder à son contrat pro en Hongrie. En effet un supporter du CSKA Sofia tenta de connaitre ce nouveau joueur en interrogeant le public français via forum et autres outils du Web 2.0, et là stupéfaction pour ce fan, aucune trace du joueur parmis les supporteurs du PSG ni sur le site du PSG.

Investigation faite, l’encre de son contrat n’ayant pas eu le temps de sécher, le joueur se fait débarquer.

Et oui Greg bien au fait de notre société post modern a mixé l’art du story telling et de la possibilité via le virtuel de berner le réel. Quand il suffit de bien packager un mauvais produit pour lui assurer une certaine existence. Rappelons nous le Time qui en 2006 a attribué le titre de « personnalité de l’année » à ceux qui utilise ou crée des sites internet, au Web, à nous. Une couverture illustrant un clavier blanc surmonté d’un miroir en guise d’écran d’ordinateur pour percevoir notre reflet. Le citoyen n’aurait désormais plus besoin d’institutions intermédiaires grâce à nouvelle démocratie numérique, le groupe de musique n’a plus besoin d’intermédiaire spéculateur, le footballeur se trouve des contrats via sa page web.

Dès lors la réalité virtuelle du cyberespace offre une réalité privée de sa substance, comme un café sans caféine, comme un contenant sans ses caractéristiques premières. Une cyberindentité sans profondeur.

Finalement le plus triste dans cette histoire c’est qu’un mauvais joueur du PSG ne ferrait même pas un joueur moyen du CSKA Sofia.

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