Born in the 80′s : le come back du Klub des Loosers

 

 

Le Manala fait son Kick Off ce week end.  En effet,  il faut que nous fassions face à la contraction du marché. La relance de l’OP et une de nos priorité tout en étant conservateur sur le back log.  Le constat suivant est partagé par l’ensemble des collaborateurs : une phase de capture plan doit être lancée en faisant en sorte d’harmoniser les outils de reporting de chacun.  Ce souci de rationalisation engendrera surement une plus grande efficience dans les actions de tous…Workshop, Espace de travail collaboratif et Mont Dort, font que le Manala Club est heureux de retrouver la plume trempée du Klub des Loosers, l’ inaccessible Anne-Charlotte semble loin et le présent se décline désormais en Outlook, ppt et xls :

” Je les écoute déblatérer dans cette réunion sans fin,

Calons un point pour le débrief’ du point que nous ferons demain,

Putain, on n’t'a pas dit à quel point tu n’sers à rien,

Si t’étais dans une groupe, toi tu jouerais du tambourin”

- Rappel réunion Cocom week 4 dans 5 minutes-  Salle Pyramide

Putain où j’ai mis mon masque

 

Sortie de l’Album ” La fin de l’espèce” pour le 5 mars.

Il n’y a pas de rapport sexuel ? Raphael Siboni, HPG, Moi et les Autres

“Il y a au milieu de vous quelqu’un que vous ne connaissez pas”
JN 26

Le dernier film de R.Siboni lève le voile sur ce que l’on ne montre pas, il révèle ces ombres qui se cachent derrière les rideaux de pavillons de banlieue meublés chez Fly, derrière les portes de garage de la ZI de Chalons. Des corps qui, pour tromper l’ennui, la solitude, ou pour gagner leur vie s’emboitent les uns dans les autres en mode Porno Gonzo, symptôme du DIY appliqué au porno sur internet. 100 % fait à la maison.

Raphael Siboni nous donne à voir cet autre inaccessible au milieu de millier d’heures de rush de “making of” réalisés par HPG et captés par sa camera souvent posée sur un trépied, parfois passant de main en main sur le tournage. On rencontre la jeune “ingénue” qui a fait 4 ou 5 films, ses acteurs masculins fétiches, le jeune puceau en quête de reconnaissance, le couple homo, la trentenaire solitaire obèse et les jeunes Hongroises hybrides aux poses professionnelles.

Ces blocs d’images successives, destinés à être consommés sur la toile, ce mash up compulsif relayé par exabyte, nous révèle que nous jouissons sans entrave derrière nos écrans, sans rapport à l’autre. Plus besoin de passer à l’acte car d’autres le font pour nous et le POV se retrouve dans le catalogue des désirs que d’autres ont pris le soin de ranger pour nous. Nous n’avons mêmes plus à penser nos fantasmes, d’autres les mettent en forme.

L’enjeu du film repose, comme son titre le suggère, dans la rencontre avec l’autre, avec ce corps étranger, ses désirs, ses fantasmes et les artifices que chacun de nous met en place pour dealer avec lui : nos filtres, nos lentilles déformantes, nos mots clefs rassurants, ces histoires que l’on se raconte pour mieux accepter le Réel, à savoir, notre solitude.

Raphaël sans poser de jugement nous laisse le soin de répondre à cette affirmation Lacanienne. Au bout d’1 heure 17, à nous de savoir si effectivement il n y’a pas de relation ou de rapport, qu’il soit sexuel ou pas, qu’on soit actif ou passif ?

L’occasion alors de nous confronter à la sainte trinité :
- au Réel, au symbolique et à l’imaginaire.
- au bon, à la brute et au truand
- à l’artiste, à la camera et à soi-même

- Ex Ebony GF, great body, best fuck before the end of the world-


•    Le réel n’existe pas ?

2012 ne pouvait mieux commencer pour illustrer le frottement tectonique entre 2 mondes et annoncer le renouveau. Le réel n’existe pas, il est entre deux, tout comme ce film qui est à la charnière entre 2 mondes, l’ancien et le nouveau. Cette frontière qui redistribue les cartes dans le monde des faiseurs d’images et producteurs d’icones. Pour preuve :
-    des images faites par une camera posée par un acteur réalisateur de porno, ou manipulée par ses acteurs, destinés à alimenter un making-of, devenu depuis un sous genre du porno.
-    des images de corps qui se frottent, montées par un autre, artiste contemporain, et qui, en donnant de la cohérence à cette accumulation a légitimement la qualité de réalisateur.

N’en déplaisent aux médias d’hier, il n’est pas question de ready-made mais bien d’organiser une pensée en images et donc de faire un film.

L’ancien monde, celui des majors, des tournages, des plateaux TV, celui de la centralisation et du sens unique semble révolu. Nous sommes entrés de plein pied dans un monde de l’”amatorat” collaboratif, participatif, et multinodal. Peu importe de savoir qui possède ou tourne les images. Chacun peut les manipuler, les transformer puisque le monde des formes en suspend est ouvert à toutes les manipulations, ignorant les ®,les ™, ou les © vestiges d’une époque révolue. La plus-value réside désormais dans leur sélection, leur organisation et dans le propos qu’elles sous-tendent. On entre dans le désert du Réel, d’un Réel qui n’existe pas puisque il se définit par la négative, c’est-à-dire comme tout ce que l’on ne peut pas représenter. Impossible à nommer, le Réel devient hors de portée. C’est ainsi que pour Lacan, ce qui ne peut etre nommé fait éclore le Réel. C’est la question de la distance qui est ici pointée, la distance suffisante pour une mise au point nécessaire. Une fesse passe devant l’objectif et le champs se trouble. On ne peut représenter ce qui est trop proche de nous.

Or comme nous le rappelle le film de Raphaël, le plaisir sexuel est avant tout question de représentation : du lait concentré pour un cum face rageux, une claque dans les mains pour un rapport autoritaire. Tout est question de point de vue comme ce gars qui hurle le soir du nouvel an ” ce soir j’vais niquer, j’vais niquer grave”. Il répète cette réalité pour mieux se convaincre. Réalité que rien pourtant ne confirmera. Il ne parle et ne répète que ce qui lui est agréable de penser. Le démenti que lui apportera la soirée ne pourra l’empêcher de croire qu’il va pecho. CQFD : une relation sexuelle ne vaut pas forcément un rapport à l’autre. C’est avant tout un rapport à soi et avec son Autre.

On est donc seul au milieu de soi-même, au milieu des ruines que l’on a construits pour tenter de combler l’angoisse du rapport à l’autre. Il n’ y a  pas de réponse. Toutes les réponses sont en fait des semblants qui recouvrent le réel et non le rapport.

Mais alors que nous reste-il quand tout a disparu, quand on soulève le voile du non rapport sexuel. Un trou béant qui à mesure qu’on le comble va se multiplier…

- Deep in Black Hole in public metro station + Smoke + Lycra Panties -


•    La camera : le symbole au plus profond de l’autre

Heureusement la camera est là pour remplir le vide. Cette camera qui bouge  perfore les êtres, se frotte au corps. Toujours plus proche du réel dans un souci de fidélité, le HD révèle les bleus, les poils, la bave, les boutons. Cette camera va nous aider à représenter le réel, plus vrai que nature. Elle va figer les symboles qui feront religion. La camera devient ce lien entre 2 mondes, un pont entre 2 rives, usine à symboles projetés sur écran. Le symbolisme, selon Julian Jaynes, a pour base la perception brute, en tant que mode de compréhension initial du monde. La camera va nous permettre d’avoir accès à ce que nous ne pouvons que percevoir. Il revient par la suite à chacun de nous de nommer cette chose, en lui substituant quelque chose qui lui est plus familier. Le symbolique est à trouver dans notre capacité de représenter. Il est lié à l’acte de parole. Mais ce langage qui nous permet l’échange avec l’autre nous coupe en même temps du monde. Chacun étant tour à tour victime de la substitution inconsciente d’un élément par un autre, permettant d’en exprimer le côté refoulé. De plus, le symbole peut transcender le rapport à l’acte. Plus besoin de le faire, on le fait pour moi. Nous voilà sujet inter-passif, vivant par procuration quand d’autres rient pour nous, quand d’autres gagnent pour nous, quand d’autres s’accouplent pour nous. Nous ne sommes plus que poussières dispersées éparpillées dans une toile de dispositifs.

Lunettes 3-D sur le nez, le POV devient ce plan ultime de l’inter-passivité : la camera posée sur son épaule, HPG en mode centaure, moitié acteur, moitié réalisateur, mi homme, mi camera, laisse au spectateur l’illusion de l’acte. La camera pénètre et tente de combler le trou du réel irreprésentable.

-POV : Best Handjob made by a tiny redhead Chinese teens wearing air max-


•    HPG et l’ Image de soi

Du réel au symbolique nous voilà arrivés à destination : l’imaginaire. L’imaginaire est notre miroir, c’est-à-dire notre capacité à simplifier le monde, de croire en son unité pour rendre possible notre identification. La cathédrale de notre idéal, du Moi propre à chacun, jouant sur les “je suis plutôt ceci” ou “plutôt cela”. “Non mais moi je suis assez facile à vivre, sérieux !! “, ” ça fait plaisir d’être entendu, j’avais annoncé la fin du minitel, il y a 10 ans # latechnodedemain”, ” Faire découvrir Sacha Grey à ma femme de ménage et la voir sourire, c’est priceless” Personnal branling au pays du perosnnal branding et du story telling. Procédé déclaratif quand il faudrait avoir l’humilité de déclarer qu’il te suffit que tes pairs te reconnaissent comme tel. Tout rapport, qu’il soit sur twitter, facebook ou nuptial est avant tout narcissique. Je m’aime à travers l’autre.

Le film de Raphaël nous donne à voir ce que l’on ne doit pas montrer, ou ce que l’on ne veut pas voir, la coulisse, cette origine du monde cachée dans le bureau de l’analyste. Chaque bloc d’images est précédé d’un gros plan des acteurs avant la scène, carte d’identité à la main. Dans ce face à face avec les acteurs, nous voilà à l’écran dans le miroir de notre consentement exhibé.

Ce risque pris dans le face à face est aussi un risque pour HPG qui ouvre son journal de bord et révèle qui il est. Pygmalion qui initie les plus jeunes, les amateurs, les pros ou les vieilles dans du Soft porn ou du Hard sale. Celui qui se définit comme un prolétaire ne tombe jamais dans le malsain ou le crade. Il résout le problème du voyeurisme en se mettant au niveau de ses acteurs, acteur lui-même, au milieu de la mêlée, il est à hauteur d’homme, à poil comme tous.

Sur le set, cependant, n’est pas réalisateur qui veut et il a ce petit supplément de vice nécessaire à tout real manipulateur désireux d’avoir la bonne émotion, c’est-à-dire dans le milieu, celle d’une première fois authentique. (1ère relation homo, 1ère éjaculation fontaine sur le carrelage de la salle de bain, 1er pleurs car “cela va trop vite”…. Pro jusqu’au bout, car obsédé par le spectateur, qu’il connaît trop pour risquer d’en rater une miette.

La démarche d’HPG est courageuse car il confronte l’image qu’il a de lui même avec la force symbolique des images archivées pendant des années. En donnant à voir son job, il est sur le fil qui peut facilement vous faire basculer dans la déception face à la “vraie” représentation de soi-même, celle que l’on donne à voir. Et comme il est impossible de se connaître, le gouffre du face à soi peut être éprouvant.

•    Apocalypse : le grand autre

Ce que l’on ne peut enlever à HPG c’est cette volonté d’Etre, d’etre fidèle à soi, sans être l’objet des circonstances, des événements, mais en tentant d’être son sujet.

Et en attendant de rencontrer l’autre, le défi réside dans la rencontre avec l’Autre, celui dont la présence fait peur. Cet Autre que l’on peut craindre comme un abîme ou un gouffre ou que l’on peut saisir comme une occasion.

Le film de Raphaël Siboni nous invite finalement à faire le bilan de ces milliers d’heure de rush de nos vies, de ces milliers de photos qui s’entassent pour tenter de redécouvrir notre vérité au milieu de cette foultitude de “photosprofilfacebook” face au soleil couchant, un cocktail à la main et une duck face sur les lèvres. Quel est le sens de toutes nos images ? A nous de faire notre état des lieux. Ce travail nous permettra sans doute de révéler ce qui est caché et de mettre à nu ce qui semblait pourtant évident.

Raphaël nous rappelle que la découverte de néant n’est une catastrophe que pour celui qui y résiste. En l’acceptant, on peut tenter de découvrir ce qui est profondément en soi et rencontrer l’autre, celui qui nous fait fasse dans le miroir et qui peut féconder cet abîme.

Cet autre dont le consentement est central, tout comme cette relation qui est au milieu du film, au milieu d’un champ et qui n’est peut-être finalement qu’un rapport sexuel.

Les images restent, comme les questions.

Séances à 20h20 et 22h00 au MK2 Beaubourg
Séances à 20h30 et 22h10 au Reflet Médicis
Séances régulières en première semaine au cinéma l’Eldorado à Dijon, au cinéma Arvor à Rennes
Séances spéciales au Ciné 104 à Pantin le 19 janvier, au Star de Strasbourg le 26 janvier et au Dietrich à Poitiers le 28 janvier.

Back to the Futur : Action Bronson – Bon Appetit….Bitch!!!!!

Le gars est surprenant, il rappe comme Ghostface Killah, il est roux comme Mylène, est malicieux comme Daniel Cohn Bendit, a le gout des belles choses comme Sonia Rykiel, il cuisine mieux que le clown Ronald et il est d’origine Albanaise comme Ron Howard (qui  en fait il s’appelle Rygovë  Hovlarda) *

Le son d’Action Bronson est bon, lourd et gros. Le Manala approuve donc.

* un nom propre de ce paragraphe n’est pas dans la liste des Roux Influents, sera tu le reconnaitre

Aujourd’hui la realité de la TV : “Koh Lanta Raja Ampat” le Rite c’est Chic

 C’est un mix entre “Lost” pour la survie en milieu hostile et “Lost” pour la quête de soi et de figure paternelle, sauf que Jacob a été remplacé par Denis “Ginger” Brogniart et que la black smoke n’est pas vraiment en mode Random mais bien en mode délation au coin du feu. La question centrale pose l’enjeu : ” Qui trouvera les réponses qu’il était venu chercher à l’autre bout du monde ?” Bienvenue dans la TV réalité sauvage, de celle qui transcende les participants en lutte perpétuelle pour une immunité ou un moment de confort. Bienvenue dans cette incursion dans l’événement et le rite qui fait tant défaut à nos week end IKEA-PS3-MULTIPLEX ( marche aussi avec MUJI-WII-MK2).

 Koh-Lanta Raja Ampat

Affalé dans notre sofa, la main dans un bol de m&m’s, le Manala a été médusé par cet homme de 65 ans qui pleure devant la caméra, à bout de nerf après seulement deux épisodes à Raja Ampat, quelques bouchées de Manioc et des miettes de crabes faméliques dans l’estomac. Gégé a frôlé la déshydratation, son corps n’a pas suivi. Il craque et ses lèvres se déforment et se tordent, peu habituées à cette à l’aise, elles qui sont restées stoïques pendant 65 ans. Le doyen est anéanti, incapable de prouver aux autres qu’il en était encore capable. Trop vieux. Pas assez solide et désormais remplis de honte par crainte de ne pas être à la hauteur du ” plus grands défis de [sa] vie”.

 Laurent, quelques épisodes plus tard, un beau gosse athlétique à la coupe de Bichon pleure toutes les larmes de son corps devant son père : “C’est pour toi que je suis là papa” hurle-t-il sur cette plage paradisiaque transformée en camp de réfugié. Climax lacrymal d’une identification au père qui a besoin de boue, de stratégie d’alliance et de réunification pour s’exprimer.

Mais les images ne sont pas là par hasard, et donc, de quoi « Koh Lanta » est-il devenu l’image ?

 ” Kho Lanta, c’est pour renouer avec mes ancêtres ” Teheriura 9 sept 2011

 De cette époque paternaliste, née sous X et qui ne connait pourtant pas son père. Orphelin, nous réclamons à corps et à cris, un mentor, un exemple, un maitre alors que nos parents ont depuis longtemps dévissés sous l’effet des Prozac corrigé au J&B et n’ont pas voulu endosser les habits du vieux sage pour pouvoir continuer à se saper comme leurs enfants. Une époque qui a pour slogan ” Ni Dieu Ni maitre” ne peut que préférer “le comptoir des cantonniers” à la toile de bure des Jedi. La vérité est ailleurs, et surtout loin du divin et de la transmission. La pyramide des âges se transformant en un vaste champs de bataille du tous contre tous, chacun étant une menace pour l’autre.

 Alors on écarquille les yeux devant ce vieux roublard naïf, devant cet Ulysse revenu d’un long voyage qui porte un pagne un peu trop larges pour ses hanches, se rêvant en chef de tribu qui prends les choses en mains. Ses chicos le prouvent, il a quelques kilomètres au compteur et nous devons lui faire crédit du bénéfice de l’âge. Comme il le rappelle après son éviction dans un lapsus révélateur ” Et Dieux sait que les Anciens, on en a des choses à apprendre”. Le spectateur, comme chacun des participants, est prit dans ce besoin de croire en cet homme déterminé qui montre le chemin mais fait du surplace quand il faut affronter les “courants” contraires. On l’écoute un peu distrait comme on écouterait avant un assaut, son adjudant chef, un peu con-con mais tout de même aguerri et affuté par le poids des années.

 Arrive alors ce qui doit arriver, notre père d’un jour, doit se faire ramasser. A nous de comprendre qu’il est humain. Forcement, c’est plus de son âge ces conneries mais il voulait y croire, il avait besoin d’un ultime combat à sa hauteur, plus séduisant qu’un pot de départ du Paradis des Chats “Numéro un de l’hébergement du Chat de Race” arrosé à la Blanquette de Limoux et aux curly éventés.

 Et le père et le fils seront désormais égaux devant les épreuves incompréhensibles de Kho Lanta, et tout le monde finira en larme. Nous deviendrons alors à notre tour des hommes d’honneur conscient de notre finitude.

Le rite c’est chic

 

Voila nos ainés obligés de subir les mêmes rites de passage cathodique que leur gamins, contraints d’affronter le rite de passage qui fera d’eux des hommes au collier d’immunité, des hommes à totem, des hommes en guerre face à la nature. La démarche volontaire fait que chacun se retrouve sur la même ligne de départ. Il n’y a pas de handicap ni de traitement de faveur.

La culture ayant horreur du vide, la TV a occupé l’espace que chacun d’entre nous, a laissé vacant. Les rites ont besoins des hommes pour les alimenter. Rien n’est eternel. Or nous n’alimentons plus rien en dehors de notre TL. Fini les rites dans une société désenchantée. Quant tout est KO, il n’y a plus rien pour nous faire prendre conscience de notre place dans un tout qui nous dépasse. La chaine semble rompue, le lien aussi. Le Manala regrette l’événement fondateur. Pas la virée au bar à hôtesses pour ses 16 ans avec Tonton et cousin, ou la première menstruation ( parité oblige, le Manala ne souhaite pas se faire barber) mais bien le moment qui vous fait prendre conscience que vous êtes un maillon d’une chaine qui vous dépasse. Désormais on vote sur un carton, on like, on RT, on appelle un numéro surtaxé, on éteint une torche, et on éteint la lumière en se disant qu’on a vécu un grand truc, une formidable aventure humaine, un grand frisson.

 Aujourd’hui l’initiation est télévisuelle. Inscrivez vous au casting pour vivre l’aventure de votre Vie ? On nous annonce en grande pompe l’arrivé de l’homme nouveaux, désireux d’éprouver quand il ne sent rien, de frôler la mort en bouffant des racines pourries sur une plage à deux pas d’un palace et finir en EVASAN à cause d’une diarrhée niagaresque…

 L’île de Kho Lanta se part des attributs du gymnase dans lequel on se rêve en exerçant, disponible à la révélation de soi, grâce aux épreuves initiatiques. Comme un flash, on se souvient des cours de Latin de Madame Chiavus en 5eme 8 ( celle des marginaux qui font LV 1 Anglais et non une langue exotique). Initium en latin désigne ” une entrée, un commencement” ou ” une ouverture”, et le mot grec correspondant (teleîn) indique plutôt un accomplissement et une perfection. Les pieds dans la boue, chacun rêve de se mettre à l’épreuve. ” Qui saura maîtriser ses émotions pour ne pas perdre ses moyens ?”

 Profane

 Plus que jamais, loin nos écran, il est temps de vivre l’aventure sans procuration, d’échapper à la contre initiation télévisuelle. A nous de partir à l’ascension du Mont Improbable. Quitter le sofa de l’acteur passif pour devenir l’acteur de son changement, de sa mue. A nous de ne pas résister à cet appel à changer notre vie et saisir l’occasion de s’entrainer avec les dieux, avec soi même.

 Absorbés par la TV, ses sitcoms, ses débats, ses actualités et sa pseudo réalité, nous succombons à l’idée que l’homme est un loup pour l’homme, nous succombons à la guerre des égos derrière les fourneaux, nous plongeons dans le ressentiment d’un carrée VIP, nous rêvons d’une France de propriétaires, nous louons les vertus d’amour aveugle, vulgaire et éphémère.

 Il est temps de se retrousser les manches pour planter les poteaux de l’épreuve finale dans notre jardin, pour recréer l’écrin de l’extraordinaire. Il nous appartient de sacraliser une soirée, de s’inventer des rites, des scarifications joyeuses, de faire communauté et de se donner du mal pour créer une Alliance Bleue, une Ligue des Gentleman & Women extraordinaire, une écurie, un crew avec des règles, une tribu avec ses mythes.

 Vous avez décidé de vivre l’aventure de votre vie ?

 Levez la tête et visez le sommet pour vous réapproprier ce qui est en votre nos mains : vos vies.

 Et certains pensent encore qu’il ne s’agit que de TV.

Ex Drummer

Zombin Laden

SOUL MAN Teaser (Guillaume Ivernel)

Ultimate Battlefield 3 Simulator – Build & Test

Drive : musique originale

Film projeté en avant première lors de la 17ème édition de l’Étrange Festival. Sortie nationale le 5 octobre 2011.

Kavinsky – Nightcall

College feat. Electric Youth — A Real Hero

Desire:Under Your Spell

Chromatics – Tick of the Clock

Operation Kingfish